la branche Guillemot (5) La gloire de Vignol : Jean Ramponneau


 la branche Guillemot (5)

La gloire de Vignol : Jean Ramponneau




Jean Ramponneau nait à Vignol le 4 octobre 1724, fils du tonnelier du village et petit-fils de vigneron. Il a un jeune frère, Denis, né en 1727 dont il restera très proche sa vie durant. Leur mère Françoise Blandin meurt alors que Jean n’a que 5 ans. Son père se remarie quelques mois plus tard avec Marguerite Lasnier, veuve âgée de 35 ans, qui subira de nombreuses grossesses mais dont pratiquement tous les nouveau-nés ne survivront pas. Elle décèdera à son tour en 1737. Le petit Jean apprend au village à lire et à compter, probablement avec le curé, et présentait probablement de bonnes dispositions, ainsi que le prouve sa signature.

  

Probablement peu attiré par le métier de tonnelier, il décide vers 1739 (il n’a que 15 ans) de rejoindre un de ses oncles à Paris (description dans un article écrit en 1935 de son voyage vers Clamecy puis vers Paris par le coche d’eau)[1].

 Il y rencontre Marie Martine Voyer fille d’un vigneron de Taverny qu’il épouse en 1749. Moins d’un an plus tard, ils louent à bail une maison « scize à la haute Courtille, rue Blanche paroisse de Belleville où « pendait cy devant pour enseigne « le Tambour » et dans laquelle ils demeurent depuis le 15 avril précédent ». La maison était pourvue d’une cour avec puit et de 2 jardins plantés en vergers. Ils y font des travaux, la meublent et ouvrent l’auberge sous le nom plus flatteur de « tambour royal ».



[1] Sa vie a été décrite avec truculence par Jean Moura et Paul Louvet, journalistes au Petit Journal. Ils lui consacrèrent une chronique en 15 épisodes dans lesquelles ils détaillent notamment son enfance de fils de tonnelier à Vignol au début du 18ème siècle[1]. Une biographie très documentée de Michèle Viderman est parue en 1997 chez l’Harmattan.




Situé à l’extérieur de l’enceinte des Fermiers Généraux, il n’était pas soumis aux taxes de l’octroi, ce qui lui permettait de vendre son vin à un prix nettement inférieur et d’y attirer une nombreuse clientèle.

 Personnage truculent, d’humeur joviale, il anima son établissement où se retrouvaient des personnages tels que Beaumarchais, Voltaire et les frères Grimm. Marie-Antoinette s’y serait montrée, déguisée en servante. Il avait décoré les murs de sa taverne notamment avec son portrait, dessiné à cheval sur un tonneau.

Il devint à la mode et finit même par la créer. Chacun voulait un bonnet « à la Ramponneau » et des gravures, des almanachs, des pièces de théâtre et des chansons célébraient le « roi des cabaretiers ».


Il se prit au jeu de la célébrité et voulut devenir comédien, entraîné par l’entrepreneur de spectacles Gaudon qui tenait un théâtre boulevard du Temple et qui lui fit signer en 1760 un contrat. … pour lequel il vendit même son auberge. Mais au dernier moment, peut-être sous la pression de son confesseur, janséniste, il renonça aux planches. Un procès retentissant s’en suivi, qui égailla le tout-Paris de l’époque. Ayant racheté son auberge au nom de son fils aîné Jean, il partit s’installer dans le quartier des Porcherons où il acheta vers 1780, le cabaret de La Grande Pinte qu’il rebaptisa Cabaret des Porcherons. Il y appliqua la même politique … avec le même résultat. Veuf, il se remarie en 1772 avec Marie Barbe Georges qu’il place à la tête de son cabaret.

Mais en 1786, le quartier des Porcherons fut enfermé dans Paris, ce qui mit un frein à sa clientèle.

Quand démarra la Révolution, son établissement se rempli de jeunes gens qui y chantèrent la Marseillaise en jurant de mourir pour la Patrie … puis saluèrent, au son de la Carmagnole, la décapitation de Louis XVI. Ramponneau ne sera cependant jamais inquiété par les autorités, mais avec le Directoire, les guinguettes ne sont plus à la mode.

Marie Georges meurt aux percherons le 7 brumaire an III (28 octobre 1794) et il se remarie une troisième fois, à 70 ans, avec Foi Charité Espérance Chenard. Mais il présente de plus en plus de troubles mentaux … qui le conduisent à la clinique psychiatrique du Dr Belhomme rue de Charenton.

Il y décède le 14 germinal an X (4 août 1802)





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