la branche Guillemot (2) : Vignol, village du Nivernais
la branche Guillemot (2) : Vignol, village du Nivernais
Les ancêtres de la branche Guillemot étaient laboureurs ou vignerons
à Vignol dans la Nièvre.
Situé sur la rive droite de l’Yonne, à mi-pente des côteaux
orientés vers l’ouest, Vignol tient son nom des vignes qui y étaient exploitées
peut-être depuis les romains. La paroisse, qui dépendait à l’origine de
l’abbaye du Réconfort, releva plus tard de l’abbaye de Vézelay. La première
église datant du XIIe siècle a été reconstruite à la
fin du XVe siècle puis restaurée et agrandie dans les années 1870.
A partir du 16ème siècle, Vignol dépend de la paroisse de
Teigny.
Vauban, dans sa Description géographique de l'élection de Vézelay [...] (1697) décrit la généralité(*2) de Vézelay dont Vignol fait partie comme un « pays, en général, rude, bossillé et mal cultivé, sa fertilité au-dessous de la médiocrité, et, sans les bois et quelques bestiaux, il n'y aurait que peu ou point de commerce ». De Vignol, il écrit : « Pays de vignoble, qui rapporte du vin assez commun et du blé. Le commerce consiste dans ses vins ».
La ville la plus proche est Tannay dont on peut voir depuis le village au loin la tour carrée de l’ancienne collégiale. Les gens du village avaient l’habitude de s’y rendre une fois par semaine pour se ravitailler et y vendre leurs bêtes. Une ou deux fois par an, ils se rendent également à Clamecy, distant de 4 lieux (environ 20 km) notamment pour y vendre leur bois, exporté en grande partie vers Paris (voir le chapitre sur le flottage du bois)
Vignol était également localement réputé pour son huile de noix
jusqu’à ce que l'hiver 1879 soit fatal aux noyers.
La population de Vignol fut à son maximum en 1806 avec 480
habitants. A l’exception de deux brèves reprises en 1831 puis en 1846, elle ne
cessa de décroître pour tomber ces dernières années au-dessous de 100 habitants
(79 en 1999).
C’est à Vignol que naquit en 1724 Jean Ramponneau, célèbre
cabaretier installé à la Courtille à l’enseigne du « tambour royal »
et qui certainement contribua à populariser les vins de Tannay . (voir le chapitre dédié).
*1 : le chateau de Chassy
Il a probablement existé à Chassy un domaine romain « chez
Cassius ». Une maison forte est attestée à Chassy au 14ème siècle. Au
15ème siècle la terre de Chassy appartient à la famille d’Orouër avant de
passer par alliance aux Caroble qui y résident jusqu’en 1630, date à laquelle
Gilberte de Caroble épouse Jehan d’Estud. Les d’Estud conservent la maison
seigneuriale « avec jardin, verger et pâtureaux » jusqu’en 1679. Les familles
Jolly, Lemaistre de Ferrières, Parent, Pontcarré puis de Nicolaï s’y succèdent
avant de la transmettre à la famille de Tallouët-Roy (d’après les archives
privées conservées au domaine). Le domaine, reconstruit au 17ème siècle, a été
remanié au 19ème siècle par le marquis de Pontcarré, qui a notamment fait
construire l’escalier monumental du logis. La ferme appartient aujourd’hui à la
famille Simon.
Avant la crise du phylloxéra, le domaine de Chassy regroupait avec
ses bois 420 hectares de terres et jusqu’à 25 hectares de vignes.
A noter que le château est flanqué de 4 tours aux angles.
C’est probablement à tort que certains sites attribuent ce château
à la résidence en Bourgogne, de 1954 à 1961, du peintre Balthus « Le roi
des chats ». Il s’agit en réalité d’un autre château de Chassy situé lui
aussi au bord de l’Yonne, à Montreuillon soit 30 km en amont.
*2 : la généralité de Paris
Les
généralités étaient des circonscriptions administratives datant de l’édit de
Cognac (1542, sous le règne de François 1er). Le nom de généralité
provient des généraux des finances que les états généraux ont
créés sous le règne de Jean le Bon au XIVe siècle.
Placées
sous l’autorité d’un « receveur général »,
les généralités étaient le cadre de la collecte des impôts directs et
indirects : recettes du domaine, taille, aides et gabelle (édit
de 1542).
La Généralité de Paris était, sous l'Ancien Régime, la plus grande en superficie des circonscriptions
administratives concernant Paris et sa région. Elle englobait au nord des
villes comme Compiègne ou Beauvais et s'étendait au sud jusqu'au Nivernais. La
vaste étendue de cette circonscription s'explique par son rôle essentiel dans
l'approvisionnement de la capitale. À une époque où les chemins d'eau étaient
les seuls qui permettaient le transport des plus lourdes charges, il fallait
pouvoir bénéficier du plus large bassin versant amont pour profiter du flux des
rivières, qu'une flèche indique souvent dans les cartes à plus grande échelle.
Ainsi, des rivières comme la Cure ou l'Armançon et leurs affluents, sans même
évoquer de plus importantes comme l'Yonne ou le Loing, pouvaient contribuer au
ravitaillement de la capitale en bois et grain, fer et métallurgie, vin et
étoffes. Pour se faire aider, l'intendant pouvait compter sur ses subordonnés,
répartis dans les vingt-deux Élections, circonscriptions dont les cartes
donnent les périmètres, souvent tourmentés car provenant de découpages plus
anciens, notamment d'origine féodale. Malgré sa puissance, le roi ne peut aller
contre les particularismes locaux, héritiers d'une longue tradition.
Certaines généralités
étaient subdivisées en « élections », circonscriptions
administratives composées d’un corps d’élus chargés de l’administration et du
contentieux de l’impôt en première instance. Les élus étaient placés sous
l’autorité des généraux des finances dans le cadre de leurs missions
administratives et sous celle des cours des aides en tant qu’organisme
juridictionnel. Elles étaient administrées par un « intendant ».
Vignol était rattaché
à l’élection de Vezelay.











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