Marie Zélie Godefroy
LA FAMILLE GODEFROY DE VALOGNES
Marie Zélie Clémence Godefroy a été l’épouse de Cornil Auguste Vitaux, arrière grand-père de votre père et seul fils survivant de Cornil Auguste (1836-1920). Marie Zélie était couturière, domiciliée chez ses parents à Valognes. Cornil avait fait son service militaire dans les équipages de la flotte de Brest et ils s’étaient vraisemblablement rencontrés à cette occasion à Cherbourg, proche de Valognes. Il avait atteint le grade de quartier maître de seconde classe. Libéré le 8 septembre 1887, il a attendu au Cateau son affectation comme technicien des chemins de fer du Nord. Le mariage a eu lieu au Cateau Cambrésis le 22 septembre 1887. Aucun membre de la famille Godefroy ne s’est déplacé, ses parents ayant envoyé leur consentement par voie de notaire. Ils avaient tous les deux 22 ans.
En aout 1888, Cornil est
affecté comme mécanicien à Tergnier, centre important des chemins de fer du
Nord où nait, après 18 mois de mariage, leur premier enfant, prénommé Cornil
Edouard comme le veut la tradition familiale (lignée de Cornil depuis au moins
1700). Une petite Micale naît 18 mois plus tard, puis Jules Henri deux ans plus
tard, en octobre 1893.
Cornil est muté à Rosendael
dans la banlieue de Dunkerque vers 1894 et un petit René y nait en 1895. Deux
ans plus tard, Cornil met fin à ses jours en se pendant à un arbre près de son
domicile. L’extrait de la Voix du Nord qui relate cet évènement fait mention de
problèmes de couple « sa veuve lui renda(nt) la vie intolérable ». Il
avait 33 ans et lui laissait donc 4 enfants dont l’aîné avait 8 ans et le plus
jeune à peine 2 ans.
Pour des raisons non élucidées ce n’est pas elle qui prend en charge les enfants, mais son beau-père, au Cateau. Ils ne reverront probablement jamais leur mère. Qu’est-elle devenue ? je n’ai pas réussi à le trouver…
D’où venait-elle ? quel
était son milieu familial ?
Son père, Eugène Léon
Edouard Godefroy, était maître-maçon à Valognes en Normandie où sa famille
était implantée depuis au moins 3 générations. Il était marié à Clémence
Aimable Marie Lemaître originaire du village de Teurthéville-Bocage où son père
était charpentier. Il décèdera à Valognes à l’âge de 86 ans, en 1919. Sa femme
lui survivra pendant 8 ans et décèdera en 1927, âgée de 90 ans, à Paris, où
elle avait rejoint l’une de ses filles.
Marie Zélie était le troisième enfant d’une
fratrie de 8 dont 7 devenus adultes, une petite Gabrielle étant morte à l’âge
de deux ans.
Les 3 garçons Godefroy
·
Léon Eugène
Nicolas deviendra maçon comme son
père et passera comme lui toute sa vie à Valognes. Il y meurt en 1925 à 64 ans.
Epoux d’Artémise Blestel, ils auront 6 enfants, deux garçons et quatre filles
·
Ulysse
Pierre Alfred sera également maçon et
s’installera à Anneville en Saire avec sa femme Marie Angélique Grandguillotte
·
Jules
Auguste Alfred, le benjamin des
enfants, deviendra employé des chemins de fer nationaux et sera notamment chef
de la gare de Viessoy. Il meurt à 70 ans à Montebourg, ville de naissance de sa
femme Marie Louise Lesort
Les 3 sœurs de Marie Zélie
· Virginie Marie Jeanne sa sœur aînée, placée comme domestique à Cherbourg, épouse à 32 ans Jean François Ruel, garçon brasseur qui en a 50. Il meurt moins d’un an plus tard. Devenue concierge avenue du Parc à Montrouge, elle épouse en 1908 un fumiste (on dirait aujourd’hui chauffagiste), Jules Eugène Delmas, de neuf ans son cadet. Je n’ai pas retrouvé les dates ni le lieu de leurs décès .
· · Alphonsine Clémence Alexandrine, née en 1870, 6ans après Marie Zélie, devenue couturière, se marie à Rosendael à 19 ans avec Jules François Martin Becuwe, âgé de 23 ans, ouvrier charpentier à Rosendael. Il meurt à 35 ans, le 13 novembre 1901. Les deux sœurs, Marie Zélie et Alphonsine ont donc vécu pendant la même période dans la même ville. Se voyaient-elles ? Alphonsine se remariera beaucoup plus tard, en 1926 avec un cultivateur de Cysoint, toujours dans le Nord, Henri Louis Vandenbroucke, âgé de 63 ans, qui décèdera 2 ans plus tard.
· · Adrienne Aimable, née 14 ans après Marie Zélie, couturière à Lille depuis 1897, se marie en 1903 avec Alfred Jules Pruvost, né à Dunkerque, mariage qui leur permet de légitimer leur fils René Henri né à Valognes le 4 avril 1893. Alfred Pruvost s’était engagé dans l’armée en 1898, au sortir de son service militaire jusqu’en 1903, année de son mariage. Quand arrive la mobilisation générale d’août 1914, il est affecté au service auxiliaire pour hernie inguinale droite volumineuse et rétrécissement mitral et est affecté comme sergent secrétaire au 8ème régiment territorial d’infanterie de Dunkerque. Il y restera jusqu’en 1919. Il quitte l’armée avec une pension d’invalidité de 70 %.
Leur fils René Henri fera plusieurs fois de la prison pour vol puis en 1931 pour abus
de confiance. Il divorcera à Nancy de sa femme Madeleine Becuwe (sa nièce puisque fille de sa sœur Alphonsine).
·
Les ascendants Godefroy
Eugène Léon Edouard Godefroy, maître maçon à Valognes, était le descendant de plusieurs générations de maçons et de charpentiers, tous vivant autour de Valognes, dans le nord du Cotentin.
Son père Jean-Thomas avait comme lui vécu toute sa vie à Valognes. Son grand-père Jacques, était charpentier. Né à Montebourg, il mourut à Valognes en 1842 à l’âge de 94 ans, ayant traversé toute la période révolutionnaire. Sa première femme, Aimée Le Chevalier, épousée lorsqu’elle avait 15 ans, mourut 3 mois après la naissance de leur troisième enfant (qui n’a pas survécu). Elle n’avait que 21 ans. Il se remarie un an plus tard avec Jeanne Françoise de l’Œuvre-Godeheu.
Jeanne Françoise était
elle-même la petite-fille de Jeanne Giot. Cette Jeanne, née en 1698 à
Carneville, s’était retrouvée veuve quatre ans environ après son mariage avec
Pierre Godeheu. C’est peut-être parce qu’elle avait trouvé une place (de
servante ? de cuisinière ?) à Sainte Catherine, qu’elle se retrouva
enceinte du sieur du lieu, Jacques de l’Oeuvre. L’enfant, prénommé Jacques,
porta le nom de son père biologique et fut élevé à Theville avec sa demi-sœur
Catherine Godeheu. Marié à Marie Jeanne Gosselin, il en eut quatre enfants…
dont Marie Françoise, née en 1762 à Cosqueville où il était cordonnier.
Les de l’Œuvre sont
une branche cadette d’une très vieille famille de la noblesse normande, les
d’Agneaux, dont la généalogie remonte dans le cotentin au 12ème
siècle. Ils étaient écuyers et « sieurs d’Agneaux » à Sainte
Geneviève dans le nord du Cotentin.




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